O meu coração ficará no Porto

Voilà, on y est : ce moment de l’automne qui marque le point de non retour vers l’été, et le basculement vers l’hiver. Est-ce que j’allume le chauffage ? Est-ce que je ressors mes gros pulls et mon écharpe ? Est-ce que que je troque mon trench pour un manteau ? Face à ces grands dilemmes, ma tête et mon coeur ont décidé de s’échapper, le temps de re-parcourir les souvenirs des vacances estivales, et les photos de la merveilleuse cité invaincue : Porto.

Porto, qui donna son nom au pays de Pessoa, est la deuxième ville du Portugal et un joyau non encore défiguré par le tourisme qui sévit chez sa soeur lisboète. C’est aussi la ville de naissance d’Henri le Navigateur, qui lança les campagnes des grandes découvertes maritimes portugaises. Elle doit son doux nom de « cité invaincue » à la Reine Maria II, qui lui décerna le titre d’invicta cidade pour sa résistance aux attaques napoléoniennes, comme au siège de la guerre civile portugaise qui s’en suivit entre 1832 et 1834. Porto est aussi, dans l’imaginaire portugais, la ville où l’on travaille (pendant que Lisbonne s’amuse, que Coimbra étudie et que Braga, prie.)

Durement touchée par la crise financière qui plaça le Portugal sous tutelle du FMI pendant plusieurs années, Porto est aujourd’hui une charmante combinaison de lieux chargés d’histoire, de ruines, d’azulejos  en folie et d’un fort dynamisme créatif (sans oublier sa religion locale : le club du FC Porto.)

Bien évidemment, j’ai répété à l’envi que je voulais y poser mes valises et ne jamais rentrer, mais j’ai fini par me résoudre à affronter la rentrée (mais je n’ai pas dit mon dernier mot.) Et pour que la saudade soit totale, j’ai passé en revue mes photos de vacances avec le son du groupe portugais D.A.M.A vissé sur les oreilles – dont le clip de Não Faço Questão (featuring Gabriel o Pensador, pour la Brasil connection) a justement été tourné dans les rues de Porto.

E preciso viver !

P.S. : J’ai fait écouté cette chanson à ma mère, évidemment, qui m’a répondu « oh mais moi tu sais que j’aime pas le rap ». J’ai un peu ri.

P.S. 2 : Pour la petite explication, le titre de ce post signifie « mon coeur est resté à Porto », ce qui se comprend bien. Mais c’est aussi une phrase qu’aurait prononcée le Roi Pedro IV, et qui est le titre d’un documentaire sur la visite du Général Humberto Delgado -opposant au régime dictatorial de Salazar- à Porto en 1958 (il mourra assassiné par la police du régime, la PIDE, en 1965.)

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